Human First

Human First est un espace d’idées, de réflexion et de dialogue. Dans un monde en pleine mutation – bouleversé par les crises climatiques, les révolutions technologiques et les tensions sociales – nous faisons le choix de revenir à l’essentiel : l’être humain.

Engagée depuis 1997 pour une politique de progrès, fondée sur l’écologie, la justice sociale et le rassemblement républicain.

Manager internationale expérimentée spécialisée en alliances stratégiques et projets globaux internationaux. Experte en innovation, transition numérique et écologie appliquée (Cloud, IA, Smart Cities, décarbonation).

  • Cadmium: et si notre baguette devenait le symbole d’un scandale sanitaire ?

    Notre baguette nationale deviendrait-elle le symbole de notre mauvaise santé? Les Français figurent parmi les populations européennes les plus exposées au cadmium par l’alimentation, notamment via les céréales, le pain, les pommes de terre et certains légumes. Cette situation est largement liée à l’utilisation historique d’engrais phosphatés contenant du cadmium. Le problème est de santé publique car, même à faibles doses, par l’accumulation, ce sont notre foie et nos reins qui trinquent: insuffisances rénales, cancers et ostéoporoses.

    La France est le pays le plus exposé à la contamination alimentaire du cadmium. La première raison est l’utilisation d’engrais phosphatés en provenance de pays à forte exposition au cadmium. Le phosphate naturel utilisé pour fabriquer ces engrais contient naturellement du cadmium. Selon l’origine de la roche (Maroc, Tunisie, Jordanie, etc.), sa teneur peut être plus ou moins élevée. Pendant des décennies, une partie de ces engrais a apporté du cadmium dans les sols agricoles français. Celui-ci est ensuite absorbé par les plantes.

    Les sols français, notamment dans certaines grandes régions céréalières, présentent souvent des caractéristiques (pH, composition chimique) qui favorisent l’absorption du cadmium par les cultures. Les cultures les plus concernées sont celles que nous utilisons le plus dans notre nourriture: les légumes-feuilles, le blé (et donc le pain) , les pommes de terre , certaines céréales .

    Chez les fumeurs, le tabac constitue souvent la première source de cadmium. Une cigarette contient du cadmium absorbé par le plant de tabac, qui passe ensuite dans la fumée inhalée.

    C’est en Novembre 2020 que Joël Labbé, Ecologiste, sort ce projet au Sénat. L’Europe travaillait sur un projet de limitation à 60mg de cadmium par kilogramme (mg/kg) d’anhydride phosphorique (P2O5) dans les engrais. Certains pays avaient déjà abaissé leur taux à 20 mg comme la Finlande et la Hongrie. Mais ce n’est qu’en 2024 qu’Agnès Panier-Runachier reprend le dossier et propose une trajectoire ambitieuse: un premier abaissement à 40 mg/kg de phosphate dans les engrais en 2027, puis à 20 mg/kg de P2O5 en 2030. Mais ce projet qui sortait de son cabinet a été stoppé par la dissolution ordonnée par Macron.

    Annie Genevard, alors Ministre de l’Agriculture, a freiné l’ambition de ce projet, ainsi que son implémentation. Cela froissait les agriculteurs car leurs coûts pouvaient augmenter. Cela froissait les Marocains qui fournissent la majeure partie de notre phosphate et qui vont monter leurs prix pour raffiner ce phosphate afin de l’alléger en cadmium. Maintenant elle a le portefeuille de l’Agroalimentaire, que fait-elle? Ralentir… comme toujours. Le calendrier : 60mg de cadmium par kilo de P2O5 dans les engrais en 2027, 40 mg/kg de P2O5 en 2030 et 20mg/kg de P2O5 d’ici… 2038.

    Honteux. Car en attendant les cancers augmentent et les ostéoporoses aussi. Et notre baguette nationale ne peut devenir le vecteur d’un scandale sanitaire.

    A suivre donc.

  • La terre brûle: on regarde toujours ailleurs

    La terre brûle, particulièrement en Europe. Et que faisons nous? On achète des clims. Le rapport European State of the Climate 2024 (ESOTC 2024), publié par Copernicus Climate Change Service et l’Organisation météorologique mondiale, dresse un bilan très documenté de l’évolution du climat en Europe. Et l’avenir n’est pas rose.

    2024 a été l’année de tous les records, mais je crains que 2026 s’annonce compliquée aussi. Environ 45 % des journées de l’année ont connu des températures nettement supérieures à la normale et les pays de l’Est et du Sud de l’Europe ont connu des situations de tensions extrêmes avec de fortes chaleurs, des feux et des sécheresses.

    A l’Ouest, c’est l’inverse avec des inondations, des crues, des tempêtes. Près d’un tiers du réseau fluvial européen a connu des crues dépassant le seuil d’inondation élevé. Environ 12 % des cours d’eau ont dépassé le niveau d’inondation dit « sévère ».

    L’Europe se réchauffe plus vite. Depuis les années 1980, son rythme de réchauffement est environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale, en raison notamment de sa géographie et de la diminution de la couverture neigeuse et glaciaire. Les glaciers européens, en particulier dans les Alpes et en Scandinavie, poursuivent leur fonte rapide. Cette évolution affecte les ressources en eau, les écosystèmes et certaines activités économiques comme le tourisme de montagne. Et on continue à laisser les gens faire du ski sur nos glaciers, à monter au pic du Midi comme si c’était Montmartre.

    Il faut protéger notre planète si l’on veut survivre et limiter les calamités. Les villes et le béton font augmenter la température. Plantons! Végétalisation, îlots de fraîcheur, désimperméabilisation des sols pour que l’eau de pluie ruisselle et restaurons les zones humides qui jouent un rôle naturel de stockage de l’eau. Moderniser les réseaux d’eau face aux sécheresses et construisons des ouvrages de protection contre les inondations. Ca commence timidement, mais il faut accélérer.

    Adaptons nos habitats, nos routes, nos ponts. Quand on pense qu’à Paris on n’a pas droit aux volets extérieurs parce que ce n’est pas beau. Notre bitume fond et nous répandons de la chaux pour l’éviter. Ne peut-on pas concevoir des routes adaptées? Les rails de chemins de fer se déforment et n’a t on pas prévu ces changements climatiques. C’est un grand plan d’adaptation à faire au niveau européen. Il y a de l’argent pour le faire. Il faut intégrer le risque climatique dans tous nos projets.

    En matière énergétique, le choix de promouvoir le nucléaire en France est fait, mais le solaire est un moyen extraordinaire dans le sud et tous les pays ensoleillés. L‘éolien, si décrié et que je continue à défendre. En mer et sur terre.

    L‘agriculture doit être accompagnée. Les agriculteurs sont nos guerriers. Ceux qui prennent soin de nos terres et qui ont besoin de cette eau qui se raréfie. Il faut qu’ils nous aident à améliorer les sols pour mieux retenir l’eau et à diversifier les cultures avec des semences plus résistantes à la chaleur. Ils ne peuvent plus être considérés comme le tiers monde. Nos vies dépendent d’eux et nous les payons 700 euros par mois!

    Enfin la biodiversité doit être protégée. Partout. Dans les campagnes, les villes , sur les littoraux. Reconstituons les haies. Respectons nos bêtes, nos animaux. Regardons les et protégeons les. Donnons à la nature ce qu’elle nous donne. passons du temps en nature pour comprendre.

    Le coût de l’inaction devient supérieur à la prévention. Alors demandons des comptes à nos élus européens et français.

    A suivre donc.


  • Réduire la Dépendance aux Minéraux Chinois: Initiatives du G7

    La DIAMMS – Délégation interministérielle aux approvisionnements en minerais et métaux stratégiques (un acronyme qui ne s’invente pas !) – était présente au G7 en véritable sherpa du gouvernement français sur ces questions devenues hautement stratégiques.

    À l’issue du sommet, les chefs d’État et de gouvernement du G7 ont adopté une déclaration majeure visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Un sujet devenu central à mesure que les grandes puissances prennent conscience de leur dépendance à l’égard de la Chine, qui domine aujourd’hui largement l’extraction mais surtout le raffinage des terres rares, du lithium, du graphite, du nickel, du cobalt, du tungstène ou encore de l’antimoine.

    Face à cette situation, le G7 a décidé d’engager une coopération structurante entre ses membres et leurs partenaires afin de diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer la résilience des chaînes de valeur. Tous les leviers seront mobilisés : développement de nouveaux projets miniers, soutien aux capacités de raffinage, financement public et privé, constitution de stocks stratégiques, amélioration de la traçabilité, recyclage, innovation et économie circulaire.

    Cette stratégie reposera sur une plateforme réunissant les experts des pays du G7 et de leurs partenaires, en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’OCDE.

    L’objectif est clair : sécuriser l’accès aux minerais indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs, aux éoliennes, aux véhicules électriques, aux centres de données, à l’intelligence artificielle ainsi qu’aux industries de défense.

    Les pays du G7 entendent également coordonner leurs politiques de stockage afin de prévenir les ruptures d’approvisionnement en cas de crise géopolitique ou de restrictions à l’exportation. Ils souhaitent développer des partenariats renforcés avec les pays producteurs d’Afrique, d’Amérique latine, d’Australie et d’Asie afin de réduire la concentration actuelle des approvisionnements.

    Le financement de nouveaux projets d’extraction, de raffinage et de recyclage constitue un autre pilier de cette stratégie. Plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissements ont déjà été annoncés. Le recyclage des métaux critiques contenus dans les batteries, les équipements électroniques ou les aimants permanents devra également monter en puissance.

    Le G7 s’est fixé un objectif ambitieux : qu’aucun pays extérieur ne représente plus de 60 % de l’approvisionnement d’un minerai critique d’ici 2030, avec une ambition de descendre ensuite à 50 %. Une orientation qui vise directement la dépendance actuelle vis-à-vis de la Chine.

    Car les terres rares et les minerais critiques sont devenus le pétrole du XXIᵉ siècle. Sans eux, impossible de produire des batteries électriques, des puces électroniques, des éoliennes, des satellites, des équipements militaires ou encore les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

    Plus qu’un enjeu industriel, le G7 considère désormais la sécurité d’approvisionnement en minerais critiques comme une question de souveraineté économique et de sécurité nationale, au même titre que l’énergie.

    L’Europe se réveille!

    A suivre donc!

  • La distribution française s’en met elle plein les poches?

    Merci au Sénat et à Anne-Marie Loisier ( Union Centriste Côte d’Or) et Antoinette Guhl (Écologiste – Solidarité et Territoires – Paris) d’avoir réalisé ce rapport fouillé sur les marges des distributeurs. Nous en avions franchement besoin. Les prix ne cessent d’augmenter et les producteurs agricoles ou industriels sont mécontents. Qui croire?

    La formation du prix des produits alimentaires repose sur une chaîne complexe qui va de la production agricole à la distribution. À chaque étape – agriculteur, industriel, distributeur – s’ajoutent des coûts, des mécanismes de négociation et des rapports de force qui influencent le prix final payé par le consommateur.

    Le prix en amont, c’est-à-dire au niveau agricole, dépend d’abord des coûts de production. Ceux-ci varient fortement selon les filières. Dans l’élevage, ils sont largement influencés par les coûts d’alimentation animale, l’énergie, les engrais, les soins vétérinaires ou encore les contraintes environnementales. Dans les fruits et légumes, les charges de main-d’œuvre, d’eau, d’énergie et les intrants agricoles (semences, engrais, traitements) représentent une part importante des coûts. Ces productions sont particulièrement sensibles aux aléas climatiques, ce qui rend les coûts très fluctuants.

    Pour mieux protéger les revenus agricoles, les lois dites EGalim ont instauré une contractualisation écrite obligatoire entre producteurs et premiers acheteurs. L’objectif est de construire les prix à partir des coûts réels de production (« marche avant ») plutôt que selon les exigences des acheteurs ou de la grande distribution. Toutefois, cette contractualisation reste inégale selon les secteurs. Très développée dans le lait, elle demeure faible dans la viande bovine et quasiment absente dans les fruits et légumes frais, où la périssabilité des produits et la météo rendent difficile toute planification à long terme.

    Dans la distribution, le prix payé par les enseignes ne correspond pas au tarif affiché par les industriels. Il résulte d’une négociation complexe comprenant remises, ristournes, services commerciaux et promotions financées par les fournisseurs. Le « prix 3 net » représente le prix réel payé après ces déductions. De nombreux acteurs dénoncent une pratique consistant à négocier non sur les tarifs officiels, mais sur les prix déjà réduits des années précédentes, ce qui accentue la pression sur les industriels.

    Enfin, le prix de vente au consommateur dépend des stratégies commerciales des distributeurs. La grande distribution fonctionne sur une logique de faibles marges nettes globales (souvent entre 1 % et 2 %), compensées par une forte rotation des volumes. Toutefois, les marges diffèrent fortement selon les produits et les rayons : certains articles à forte marge compensent ceux vendus à prix bas, voire à perte. Ce mécanisme de « péréquation des marges » constitue un levier stratégique majeur des enseignes.

    Au total, la construction du prix alimentaire apparaît comme un système complexe, marqué par des déséquilibres de pouvoir, une forte opacité des négociations et des difficultés persistantes à garantir une rémunération juste des producteurs agricoles tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.

    Le rapport propose des pistes de transparence comme un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes, la transparence sur les marges arrière notamment en rendant publics leurs montants, une déclaration annuelle des flux financiers avec les centrales d’achats et de services européennes.

    Cela ne remettrait pas forcément en cause les prix consommateurs mais permettraient au moins aux filières au moins françaises de vivre mieux.

    A suivre donc,

    https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-portant-sur-les-marges-des-industriels-et-de-la-grande-distribution.html

  • Master poulet contre Master Maire

    A Saint-Ouen, le Maire Karim Bouamrane est en combat judiciaire avec l’enseigne de poulets halal Master Poulet. Malbouffe, nuisances sonores, odeurs, rats…les riverains n’en peuvent plus. Le Maire a pris leur défense. Mais ce combat révèle un problème de fond plus grand que celui qui les anime à Saint-Ouen.

    On pourrait débattre du caractère transformé ou pas, sucré ou pas etc… Mais le fond du problème est le pouvoir d’achat. Il est de plus en plus difficile d’aller au restaurant avec sa famille. Des menus de plus en plus chers pour une nourriture qui n’est pas toujours à la hauteur. Les restaurants aussi consomment du transformé, et peut-être plus que Master Poulet. Toutes ces enseignes permettent quand même de se retrouver pour les jeunes ou de manger comme au restaurant pour les familles.

    Ce qui est à relever du problème, ce sont les enjeux environnementaux cachés. Le poulet est une denrée protéinée moins chère que la viande rouge ou le poisson. Elle est en forte demande, au même titre que les œufs qui sont en pénurie récurrente. Par contre, la consommation du poulet bio a fortement diminué et celle du poulet industriel a explosé laissant la France en obligation d’importer les poulets de l’étranger.

    Outre le manque de poulaillers, nous sommes aussi déficitaires sur le soja que les poulets mangent. Il nous faut l’importer des USA ( avec taxes) et d’Amérique Latine ( Mercosur et déforestation). Cela a été aussi l’occasion pour les éleveurs de poulets de demander lors du décret de la loi Duplomb revisitée ( retrait des neonicotinoides) d’introduire le relèvement des seuils d’enregistrement pour les élevages de volailles et de porc relevant de la protection de l’environnement (ICPE)  : 85.000 emplacements pour les poulets (contre 40.000 auparavant), 60.000 emplacements pour les poules (contre 40.000), 3 000 emplacements pour les porcs de production de plus de 30 kg (contre 2000), 900 emplacements pour les truies reproductrices (contre 750). Nous allons manger de plus en plus industriel.

    Nous ne prendrons pas partie entre Master Poulet et Master Maire… Master Poulet apporte des protéines sans trop de transformation. Mais attention aux sauces et à tous les accompagnements. Par contre le Maire a raison sur les nuisances diverses apportées par ces lieux de junk food.

    De façon plus générale, j’ai envie de dire que la consommation de viandes animales doit diminuer pour éviter la souffrance animale. Alors, comme un candidat la Présidentielle il y a fort longtemps: « Mangez des pommes! » ( Chirac).

    A suivre donc.

  • Ted Turner: une légende des médias est partie

    Lors d’une visite de CNN à New York en 2009, mon groupe s’est installé autour de la table mythique du plateau. J’avais par chance la place de Ted Turner, qui malheureusement n’était plus à CNN. J’ai rêvé de cet homme si charismatique et son décès est une perte.

    Célèbre pour avoir révolutionné la télévision et l’information en continu, il est surtout connu pour avoir fondé CNN en 1980, première chaîne diffusant les informations 24h/24. Beaucoup jugeaient le modèle irréaliste ; il en a fait une référence mondiale.

    À la tête de CNN, Ted Turner a transformé notre manière de consommer l’information : naissance de l’info en continu, couverture mondiale en direct (notamment pendant la Guerre du Golfe en 1991), généralisation du direct et du satellite, et un style plus rapide, plus immersif. Il n’a pas seulement créé une chaîne : il a inventé un modèle mondial d’information continue.

    Il a ensuite étendu son empire avec TBS et TNT, passant d’une chaîne locale d’Atlanta à un groupe de divertissement majeur : séries, films et sport pour le grand public.

    Dans les années 1990, il devient l’un des hommes les plus puissants des médias, avant de fusionner son groupe avec Time Warner en 1996, pour accéder à davantage de contenus et de puissance financière. L’objectif était clair : contrôler à la fois les canaux et les contenus (cinéma, musique, information). Mais cette fusion marque aussi le début de son recul dans le groupe.

    Quelques années plus tard, la fusion avec AOL dans le cadre de AOL Time Warner accélère la transformation du groupe dans une logique financière et internet qui lui échappe. Progressivement, Turner perd son influence et quitte ses fonctions en 2006.

    En 1997, il a marqué l’histoire par un geste philanthropique majeur : un don d’un milliard de dollars à l’Organisation des Nations unies, à l’origine de la United Nations Foundation, pour soutenir la santé, l’environnement, les droits des femmes et l’aide humanitaire.

    Enfin, son engagement écologique est central : acquisition de vastes territoires aux États-Unis pour préserver la nature, protection de la biodiversité, reconstitution de troupeaux de Bison d’Amérique, et création de la Turner Foundation dédiée à l’environnement.

    Ted Turner reste ainsi une figure riche et marquante : visionnaire des médias, entrepreneur disruptif, mais aussi philanthrope et écologiste avant-gardiste. Une personnalité qui a profondément marqué l’histoire contemporaine de l’information et de la conscience environnementale.

    C’est un post de son ex femme Jane Fonda qui m’a fait savoir que Ted Turner nous avait quitté. Pas un mot ce matin des chaines d’infos françaises. Elles n’ont visiblement pas entendu les leçons de ce grand homme de média… L’info vraie à toute heure… trop intéressées à faire des reportages sur Donald Trump…

    A suivre donc.

  • Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon: le nouvel axe sentimental franco italien

    Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a officialisé, ce mercredi 8 avril dans les colonnes de Paris-Match, sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les rédactions qui ont un instant abandonné les pitreries dangereuses de Donald Trump.

    Jordan Bardella, qui a été conseiller régional Ile de France, qui est aussi député européen, Président du groupe Patriotes pour l’Europe au Parlement Européen se positionne pour les Présidentielles de 2027 en cas d’incapacité de Marine Le Pen. Il a 31 ans.

    Il est aussi lisse que la famille Le Pen est colorée. Il est l’enfant de la Seine Saint-Denis ( né à Drancy), fils de parents divorcés d’origine italienne, voire kabyle, bien loin de la famille Le Pen avec son château de Saint Cloud. Il lui manquait un lien avec l’aristocratie, la richesse. Voilà qui est fait.

    On ne pouvait pas mieux trouver. Maria-Carolina de Bourbon des Deux Sicile est noble, descendante de Louis XIV, gloire française nationale, mais aussi descendante du Roi Ferdinand Ier des deux Siciles et de la Reine Marie Caroline d’Autriche, dont la dynastie a été renversée par les chemises rouges de Garibaldi. au profit de la Maison de Savoie.

    Le timing est excellent. Au moment où l’extrême droite cherche à tisser des liens entre les pays européens, particulièrement depuis la chute de Viktor Orban en Hongrie, cette association amoureuse tombe à point. A moins qu’elle n’ait été fabriquée. Il est vrai que les photos des deux tourtereaux ne montrent pas un élan amoureux fulgurant. Nous restons un peu sur notre faim. Il est vrai aussi que Jordan était beaucoup trop discret sur ces amours. Marine Le Pen n’alimentait pas les journaux a scandale et le créneau des chats était déjà prix par elle. Il fallait faire quelque chose.

    Maria Carolina serait-elle la nouvelle Castiglione, cette intrigante à la Cour de Napoléon III, envoyée par Cavour, son cousin, pour séduire Napoléon III et obtenir ses faveurs pour aider à la réunification de l’Italie ( cf traité de Plombières)? Evidemment non! La Castiglione était une intrigante qui allait de bals en réceptions, pour être introduite auprès de Victor-Emmanuel II, prince de Piémont, duc de Savoie, comte de Nice et roi de Sardaigne. Cette fameuse famille de Savoie qui a renversé les Bourbons, d’où vient Maria-Carolina.

    Maria Carolina est de bonne naissance et d’excellente éducation. Mais elle pourrait être une nouvelle Lady Di croyant à l’amour dans un monde cruel. Sa famille par contre pourrait rêver de cette revanche de l’Histoire où les Bourbons reprendraient le lien avec la France, même au travers d’un roturier, mais aussi où le France et l’Italie pourrait s’entendre entre populations d’extrême droite.

    La vraie question est de savoir si Georgia Meloni est la nouvelle Cavour? Mais je m’échauffe et ce sont toutes ces réminiscences historiques qui agitent mon esprit.

    Malgré l’approche humoristique, il convient tout de même de suivre cela de près. En espérant que les Français ne tombent pas dans le panneau enrubanné de velours de ces images façonnées.

    A suivre donc.

    En dehors de ses amours, l’actu de Jordan: des soupcons de fraude à l’Europe

    https://www.lindependant.fr/2026/05/07/des-fonds-europeens-pour-payer-des-formations-a-jordan-bardella-le-parquet-europeen-ouvre-une-enquete-sur-des-soupcons-de-fraude-13360723.php

  • Léon XIV en Algérie: un message de Paix dans un monde tendu

    Le voyage du Pape Léon XIV en Algérie est une bonne nouvelle. Tout ce qui contribue à diminuer les tensions entre les religions va dans le bon sens et c’est le message du Pape qui s’oriente vers la Paix, le dialogue entre Islam et Christianisme, un appel au “pardon” et à la guérison des blessures du passé.

    L’Algérie est depuis 2019 sortie de l’ère Bouteflika pour entre dans l’ère Abdelmadjid Tebboune. C’est une Algérie qui est revenue sur la scène internationale notamment grâce à son gaz depuis la guerre en Ukraine, mais qui reste encore bloquée par des relations compliquées avec la France et son voisin marocain.

    Elle a vécu une période compliquée lors de la montée du FIS ( Front Islamique du Salut) qui avait gagné les élections de 1990. Mais en 1992, l’armée avait annulé les élections ce qui a été perçu par certains comme un coup d’état. Le FIS est dissous, ses dirigeants arrêtés. Le président Chadli Bendjedid est poussé à démissionner. Cette rupture déclenche une décennie de violence appelée la décennie noire. L’Algérie connait l’apparition de groupes armés islamistes comme le Groupe islamique armé (GIA) qui commettent attentats, massacres, répression et feront environ 150 000 à 200 000 morts.

    En 1996, en pleine décennie noire, 7 moines sont enlevés à Tibhirine puis assassinés. Le crime est revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA) et les circonstances exactes restent encore débattues. C’étaient des religieux trappistes, appartenant à l’ordre cisterciens, vivant au monastère de Tibhirine, en Algérie. Ils vivaient dans la prière, le travail et surtout le dialogue avec leurs voisins musulmans. Ils ont été béatifiés à Oran 2018, considérés comme martyrs de la paix. Leurs corps n’ont pas été rendus.

    C’est une Algérie plus apaisée qui reçoit le Pape Léon XIV. Ce dernier est un Augustinien, ce qui veut dire qu’il est issu de l’ordre de Ordre de Saint-Augustin, directement inspiré par la pensée de Saint Augustin, né en Algérie en 354 à Thagaste (aujourd’hui Souk Ahras). Il est l’un des plus grands penseurs du christianisme, auteur des Confessions et de La Cité de Dieu. Pour un pape en Algérie, s’y référer est un geste puissant car il promeut le dialogue entre cultures et religions et rappelle que le christianisme a des racines africaines.

    L’accueil est très chaleureux de la population ainsi que des politiques. Certains disent que c’est une validation de la politique anti français qui a été mise en place. Il faut y voir au contraire une politique d’apaisement, y compris avec la France. Certains gestes que le Pape peut faire peut contribuer à aller vers la voix du pardon. Il faut s’en féliciter. Le Président Macron n’était il pas au Vatican juste avant le voyage du Saint-Père en Algérie. Les sujets chauds ont certainement été touchés comme la condamnation du journaliste Christophe Gleize.

    Voyons ce qui va sortir de cette rencontre. En attendant replongeons-nous dans Saint-Augustin.

    A suivre donc,

  • Le Dollar Roi: la fin d’un cycle?

    On commence à parler de destitution de Donald Trump. Ils parlent de sénilité. Mais est-ce bien la cause? Il commence à y avoir des vents de panique à l’annonce de certains mouvements financiers compte tenu du manque de visibilité des actions américaines dans le monde.

    Depuis le début du conflit en Iran, les banques centrales étrangères ont vendu 82 milliards de dollars de bons du trésor américain en quelques semaines. Les raisons sont les tensions sur le détroit d’Ormuz et l’incapacité des USA à donner une politique claire. Le prix du pétrole et du gaz ont explosé et il existe une forte pression sur les pays importateurs, qui ont un besoin urgent de liquidités.

    Les banques centrales sont contraintes de vendre des obligations US pour récupérer du cash et stabiliser leur monnaie. La Chine est passée de 1 300 Md $ (2013) à 694 Md $ (2026). Elle vend depuis 10 ans, mais toujours lentement . En effet si elle vend trop vite , cela provoquerait un effondrement des prix et elle se pénalise elle-même. Par ailleurs elle utilise les Treasuries comme réserve de change.

    Le même scénario est en train de se faire en Europe et dans les pays du Golfe. Parmi les détenteurs étrangers de titres du Trésor US, le Japon est le plus gros détenteur avec 1 225 milliards de $. La cheffe du gouvernement japonais, Sanae Takaichi, s’est rendue à la Maison-Blanche le 19 mars 2026 pour rencontrer le président américain Donald Trump. Elle est venue les valises chargées de milliards d’investissements et les blagues de Trump sur Pearl Harbour ont refroidi les relations. Too Bad. 550 milliards d’investissements, c’est énorme.

    Dans le même temps, les Etats-Unis ont des besoins en financement et émettent des bons du Trésor. Jusqu’à fin mars 2026, le total des émissions de titres du Trésor américain s’est élevé à environ 8 100 milliards $, soit une progression d’environ +11 % par rapport à l’an dernier. Le Trésor continue à émettre régulièrement des bons du Trésor à court, moyen et long terme.

    Les dernières adjudications ont été qualifiées de médiocres avec peu de demandes et donc entraînant des rendements légèrement plus élevés pour attirer des acheteurs. Des données économiques solides (emploi, inflation, anticipation de taux) peuvent rendre aussi les bons moins attractifs face à des actifs risqués, forçant potentiellement le Trésor à offrir des rendements plus élevés. Nous sommes dans une bascule historique.

    Enfin, les banques centrales européennes ont tendance aussi à capitaliser sur leurs réserves d’or. La Banque de France a ainsi finalisé début avril 2026 l’opération de vente des derniers lingots d’or qu’elle détenait à la Réserve fédérale américaine à New York. Cette opération a généré près de 12,8 milliards € (≈ 15 milliards $) de plus-value compte tenu du prix élevé de l’or. La France est la quatrième puissance étrangère en termes de détention d’or. Cette manœuvre tombe au mauvais moment pour la Fed et la réputation des USA.

    En attendant les Iraniens vont faire payer les bateaux utilisant le Détroit d’Ormuz en bitcoin ou en Yuan chinois. 2 millions par bateaux. Il y en plusieurs centaines qui attendent. Avant l’intervention américaine, ce passage était gratuit.

    En attendant les Iraniens ont le droit de vendre leur pétrole, tout comme les Russes… alors qu’avant l’intervention américaine, ils étaient en embargo strict.

    L’économie mondiale n’aime pas l’incohérence, ni le manque de visibilité. Les USA devront faire attention a cela. Mais les manipulations de Trump contre l’homme qu’il a lui même placé en 2018, Jérôme Powell, font désordre. Ce dernier doit quitter la Fed en Mai 2026 ce qui n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les US. Nous sommes donc au début d’un changement majeur.

    A suivre donc.

  • Lionel Jospin: le départ d’un homme de raison

    Quand nous étions jeunes, nous l’appelions le Prof. Toujours sérieux, toujours raisonnable, Lionel Jospin ne s’énervait pas. Il expliquait. Il essayait de transmettre sa droiture socialiste qui lui avait été transmise par ses parents. Il était avec Pierre Joxe et Pierre Bérégovoy de ceux qui inspiraient le respect pour leur non compromission à leurs idées, à leur statuts. Lionel Jospin est une figure majeure de la gauche française, connu pour son parcours intellectuel, politique et son rôle clé à la tête du gouvernement à la fin des années 1990.

    C’est François Mitterrand qui lui a demandé de l’aider à structurer le Parti Socialiste. Lionel Jospin avait intégré le PS en 1970 et il fallait un homme solide pour effectuer cette besogne. Sous cette impulsion, le PS se restructure et devient le principal parti de gauche, devant le Parti communiste. En effet, après la défaite serrée de François Mitterrand à la présidentielle de 1974, le PS continue de progresser avec une implantation locale (mairies, régions), une structuration du parti et un renouvellement des cadres (dont Lionel Jospin). Le PS devient le centre de gravité de la gauche.

    L’élection de François Mitterrand en 1981 marque une rupture historique. Le PS obtient la majorité à l’Assemblée. Ils veulent appliquer leur programme de relance sociale et de redistribution. Lionel Jospin, dans la logique du travail de restructuration du Parti Socialiste qu’il avait effectué, va conduire ce parti de 1981 à 1988. Il aura à accompagner le changement de cap du PS en 1983 vers une social- démocratie plus pragmatique, notamment quand la France va intégrer le Système monétaire européen nécessitant une rigueur budgétaire.

    Lors du deuxième mandat de François Mitterrand, Lionel Jospin va intégrer le gouvernement cette fois ci en prenant le Ministère de l’Education Nationale, pilier du vote socialiste à cette période. Il y restera jusqu’en 1992. C’est un homme muri, ayant une grande connaissance du parti socialiste et de ses adhérents qui va se présenter à l’élection présidentielle de 1995. Il connait le parti et évince ses compétiteurs socialistes: Laurent Fabius, Michel Rocard et Jacques Delors. Mais il ne résistera pas au rouleau compresseur Jacques Chirac qui attendait cela depuis longtemps.

    Lorsque sur un coup de surprise, Jacques Chirac va dissoudre l’Assemblée en 1997 pour se retrouver avec une assemblée au final défavorable pour lui, c’est Lionel Jospin qu’on va appeler pour être Premier Ministre dans un gouvernement de cohabitation avec Jacques Chirac. Cette cohabitation va être courtoise dans ses 3 premières années et Lionel Jospin va pouvoir faire avancer beaucoup de dossier sociaux, notamment la loi sur les 35 heures ( lois Aubry I et II de 1998 et 2000) ou le PACS (Pacte civil de solidarité) datant de 1999.

    La présidentielle se préparant, la cohabitation va devenir plus conflictuelle, Lionel Jospin ayant certainement en tête de se présenter. Ce qu’il fit. Jusqu’à ce jour de 2002 où, candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle, il est éliminé dès le premier tour, devancé notamment par Jean-Marie Le Pen. Cet événement provoqua un choc politique majeur en France. Pour lui aussi. Tout le monde se rappelle son visage blême. Le comble de l’horreur pour ce socialiste profondément ancré dans la vie républicaine. Suite à cet échec, Lionel Jospin annonce son retrait de la vie politique. C’est un choc en France.

    Bien qu’ayant pris du recul, il revient ponctuellement dans le débat public. En 2012, il est nommé au Conseil constitutionnel par François Hollande, fonction qu’il occupe jusqu’en 2019.

    Lionel Jospin est souvent décrit comme un homme politique rigoureux, intellectuel et attaché à une gauche réformiste. Il reste associé à une période de croissance économique et de réformes sociales importantes. Il est un homme qui a profondément marqué le parti socialiste et ce parti est en deuil aujourd’hui.